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Le maire du Plateau a rencontré son personnel, le mardi dernier, dans la salle de réunion de la mairie pour parler des rumeurs qui parlent de son arrestation suite à l’affaire des 2 milliards dormants qui confinent une partie de ses proches à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Mais plutôt que de parler de l’enquête, monsieur Bendjo s’est montré particulièrement menaçant envers ceux qui essaient de l’intimider.

 

Mesdames et messieurs,

Je voudrais vous remercier et m’excuser de mon retard parce que, comme vous le savez tous, je suis le numéro 2 du secrétariat exécutif du PDCI et le numéro du PDCI et nous étions en réunion pour faire le débriefing de ce qui s’est passé hier (l’Ag constitutive du parti unifié, ndlr). Donc, excusez-moi pour mon retard parce que je sais que vous n’avez pas eu le temps de manger parce que depuis onze heures vous m’attendiez.

Je voudrais vous remercier pour votre soutien. Beaucoup d’entre vous m’ont appelé ou m’ont laissé des messages pour demander à me voir parce qu’ils ne croyaient pas tout ce qui se disait. Donc, je suis bel et bien là ; je ne suis pas en prison. Parce que lorsqu’on doit t’arrêter, on regarde d’abord ta figure.

Je voudrais vous rappeler que nous sommes parmi les Mairies les mieux gérées de Côte d’Ivoire. Et ce n’est pas nous qui avons dit ça mais eux-mêmes. Nous sommes la meilleure Mairie d’Afrique de l’ouest et, après ce week-end, on compétit pour être la meilleure Mairie d’Afrique. Si nous avons glané tous ces lauriers, c’est parce qu’ici nous avons mis en place des outils de travail qui permettent de contrôler tout ce qu’on fait nous-mêmes. Nous sommes la seule commune qui ait une direction de contrôle et de gestion. C’est ce que j’ai appris du privé.

Donc, nous sommes tranquilles ; tout ce qu’ils veulent savoir ils peuvent l’avoir en un seul clic parce que tout est informatisé. Nous n’avons rien à cacher. Tout est clair chez nous. Avait-on besoin d’emprisonner cette pauvre dame qui est directrice depuis peu et qui ne sait même pas de quoi on parle ?

Je suis allé en France pour une mission parce que nous, on continue de travailler et ils ont attendu le mercredi, c’est-à-dire le jour où j’arrive pour l’arrêter croyant que cela va m’effrayer. Moi ?

Je voudrais vous dire que je suis celui à qui on ne peut pas raconter n’importe quoi. On peut leur donner tout ce qu’ils recherchent, tous les chiffres qu’ils veulent. Parce que ce que nous voulons, nous, c’est que le droit soit respecté parce qu’on est quand même dans un pays de droit. Maintenant si c’est autre chose qu’ils veulent, qu’ils le disent et on pourra, là également, se défendre.

Ce que l’on nous a appris, c’est de travailler. Donc on est prêts techniquement à répondre. A qui que ce soit. Mais si c’est autre chose, qu’ils le disent. Ils ont commencé à m’insulter, croyant que cela pourrait me déstabiliser. Ne suis-je pas debout ? Ils ont également essayé de tricher mais on les a arrêtés. Ils ne veulent pas que je sois candidat mais je serai candidat !

Je voudrais vous rassurer. Comme le secrétaire général l’a dit, on peut s’amuser avec certains mais avec moi on ne s’amuse pas. Parce qu’ils vont trouver un garçon en face.

Je voudrais vous dire rassurez-vous, restez au travail ! Faites votre travail ! Tous ces petits voyous qui se promènent, est-ce qu’ils savent comment le monde fonctionne ? Quand tu marches que tu as envie de marcher sur le pied de quelqu’un tu vois d’abord sa taille. Ou alors si un aveugle veut lancer un caillou à quelqu’un c’est que son pied est déjà sur un caillou. Parce que ce n’est pas maintenant qu’il doit chercher. Donc, je voudrais vous dire rassurez-vous ! Faites votre travail et ne vous préoccupez pas de tout ce que les gens racontent. Je ne suis pas en prison, je n’étais pas en prison et je n’irai pas en prison.Tout ce qu’il faut, techniquement et physiquement, pour se défendre nous pouvons le faire. Parce qu’on est quand même dans un pays de droit.

Ce que nous faisons pour aider ce pays depuis 2010, il n’y en a pas beaucoup qui l’ont fait. Vous voulez qu’on parle de politique ? Qui a été le premier à souhaiter la mise en place du RHDP ?

Nous n’avons donc pas de leçon à recevoir de qui que ce soit. Nous aimons notre pays. Nous voulons que ce pays permette à chacun de vivre correctement sa vie, qu’il soit du nord, du sud ou de l’ouest. Donc nous défendons des valeurs et des principes et nous irons jusqu’au bout parce que c’est comme ça que nous avons été élevés.

Ce que je fais, je ne le fais pas pour moi. Et je dis merci au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné (…) Un jour, j’ai eu une bourse pour aller au Canada et lorsque j’en reviens, mon premier poste de travail est la SIR, la première grosse entreprise du pays. Après je suis DG, ensuite PCA et enfin Maire de la plus grosse commune de Côte d’Ivoire. Est-ce que cela n’est pas la volonté de Dieu ? Mais alors qui peut effrayer un enfant de Dieu ? Dieu m’a donné un talent. Je veux le faire fructifier en servant mes frères et mes sœurs. Et je suis dans la logique de servir.  Rien ne m’empêchera de faire ce que j’ai à faire pour mes frères et mes sœurs.

J’ai dit à Abobo-Doumé qu’on ne peut pas diriger ce pays si on ne réconcilie pas tous les Ivoiriens. Car ce sera difficile. Et je le crois. On ne peut pas rester dans un pays où la moitié des gens se regardent en chien de faïence. Et j’ai également dit lorsqu’on fêtait les femmes que si l’on ne se réconcilie pas que le président Gbagbo sort comme Jean-Pierre Bemba est sorti, ce ne sera pas bon pour nous. Il faut le faire rapidement parce que c’est notre responsabilité de le dire en tant qu’homme politique et je l’assume. Et c’est la raison pour laquelle nous allons inaugurer bientôt la place Nelson Mandela pour que ça soit une grande fête avec tous les Ivoiriens.

Parce que Nelson Mandela est quelqu’un qui a fait 27 ans de prison et lorsqu’il est sorti, il a tendu la main à ces géôliers. Et c’est grâce à cela que les Noirs continuent de diriger le pays. Sinon, les Blancs les auraient tous tués ! Est-ce que demander cela c’est être contre quelqu‘un ? Même le christ, moi je suis chrétien, a été crucifié parce qu’il parlait d’amour. Alors moi je parlerai d’amour et de réconciliation et personne ne m’empêchera de dire ce que j’ai à dire.

Et je voudrais aussi que vous compreniez une chose. Il y a des voyous qui vont venir ici raconter des choses. Ne les écoutez pas parce que nous avançons pour permettre à notre pays de retrouver le bonheur (…) Et je me battrai jusqu’au bout. Et j’ai décidé de continuer d’être Maire parce que je ne veux pas laisser la Mairie à des voyous ! Des voyous ! Je ne veux pas laisser la Mairie à des voyous parce que vous ne méritez pas des voyous. Vous méritez des personnes responsables (…)

Recueilli par Sévérine Blé

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