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Lors de la réception d’une communauté de dozos à Daoukro, ce vendredi 7 juin, Henri Konan Bédié a évoqué les dangers qui planent sur la prochaine présidentielle et sur les Ivoiriens.

Avec le ton placide qu’on lui connaît, le président du PDCI s’est inquiété, ce vendredi, du convoyage d’hommes armés dans le pays sous le couvert de mouvements d’orpailleurs. Ces hommes, ajoute-t-il, « sont stationnés maintenant dans beaucoup de villages » et alimentent les conflits intercommunautaires, a déclaré monsieur Bédié.

« Actuellement, je parlerais de faits troublants. D’abord les conflits intercommunautaires, ensuite ce que recouvre le phénomène de l’orpaillage en Côte d’Ivoire. Puisqu’on fait venir des étrangers, armés, qui sont stationnés maintenant dans beaucoup de villages. S’ils sont armés, c’est pour servir à quoi ? Il faut simplement que nous soyons conscients, car le moment venu, nous agirons pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire sous le couvert de l’orpaillage », a-t-il précisé.

Le président du PDCI dénonce aussi la distribution de faux papiers d’identité à Abobo et se demande si l’objectif est de « venir fausser les élections de 2020 ».

« Nous dénoncerons aussi d’autres qu’on fait venir clandestinement. Cela se passe surtout dans la commune d’Abobo. Et leur rôle, on leur fait faire des papiers. Certains repartent, d’autres restent. Et tout cela pour quel but ? Si c’est pour venir fausser les élections de 2020, nous voulons le savoir. Mais nous traiterons de tous cela un jour, car les précédents événements doivent nous servir ».

A propos de mauvais précédents, les élections présidentielles de 2010 avaient été émaillées de fraudes, notamment  dans la partie nord du pays également marquée par la violence d’anciens soldats rebelles qui n’avaient pas désarmé.

A cela, ont peut ajouter que le maire d’Abobo dont la commune est suspectée d’abriter ces actes de distribution de faux papiers est celui qui avait déclaré que l’opposition n’a aucune chance de remporter les présidentielles à venir puisque tout était « géré et bouclé ».

Bédié est aussi revenu sur l’épineux problème de la coexistence entre les Ivoiriens et les communautés étrangères  sur les menaces que celles-ci font peser. « Nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café et de cacao, et ensuite ces gens se sont installés à leur propre compte. Aujourd’hui, ils agressent les planteurs Ivoiriens et se disputent même la propriété des terres. Cela devrait nous servir de leçon. Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement, on fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Et les Ivoiriens n’accepteront jamais cela», a-t-il conclu son adresse.

GBISSIGNINI GOBE