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La polémique est lancée  autour de la confection des cartes nationales d’identité. Car en meeting de clôture à Dabakala, Guillaume Soro n’a pas hésité à demander qu’elles soient gratuites.

Un meeting de clôture et  une polémique à venir. L’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, s’est  offert les deux sensations, vendredi dernier,  lors de sa rencontre avec les populations de Dabakala, à l’issue d’une tournée des villages de la région.

Gardant le ton ironique habituel, il a en effet demandé que les cartes nationales d’identité soient gratuites comme lui l’aurait fait avant la présidentielle de 2010.

En fait, cette pique de l’ex-chef du parlement ne peut être comprise que si on l’inscrit pas dans le cadre des rapports de force qui existent dans la région. Depuis son limogeage forcé, Guillaume Soro n’a en effet qu’un objectif : démontrer que le nord n’a pas intérêt à soutenir Alassane Ouattara et son régime, puisqu’ils écrasent et humilient les fils du nord. Ils ne font rien non plus pour les populations qui n’ont ni routes, ni écoles et eau potable.

A l’inverse, monsieur Soro est le sauveur du nord. Ici, ses années de rébellion sont d’ailleurs décrites comme un moyen de sauver l’identité ivoirienne des populations du nord.

A cela, s’ajoute cette tournée de plusieurs villages au cours de laquelle monsieur Soro s’est rendu compte des dures conditions de vie des populations alors que le pouvoir vit dans les ors à Abidjan.

Qui plus est,  l’ex-chef du parlement a promis, ici, un forage, participé, là, à la construction d’une mosquée… Mais cela ne suffit pas. Il veut montrer que le régime ne lui arrive pas à la cheville quand il s’agit de se sacrifier pour le nord. C’est pourquoi il choisit la tribune du meeting de Dabakala pour demander la gratuité des CNI.

La polémique, elle, est lancée et elle risque de faire  mal au gouvernement qui vient de choisir un nouvel opérateur pour la confection des CNI. Selon des medias occidentaux, Semelex  Group est soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent. Il est également réputé fort cher puisqu’une partie du coût des cartes servirait à corrompre les officiels.

Conséquence, selon toute vraisemblance, les nouvelles CNI devraient être chères. Leur gratuité, dans ces conditions, risque d’être un vœu pieux.

GBISSIGNINI GOBE