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Guillaume Soro a l’ironie piquante. En visitant le village de Lougbonou, dans le nord du pays, dont l’école est faite d’un simple hangar, il a promis construire une vraie école en espérant que le gouvernement ne bloquera pas le ciment.

L’ancien président de l’Assemblée nationale continue de marquer son territoire dans le nord de la Côte d’Ivoire où il multiplie les visites de terrain depuis de nombreux mois. Et comme à ses habitudes, il ne manque pas de parler de l’état des infrastructures là où il en existe pour mieux disqualifier un peu plus ses anciens alliés.

Ce fut le cas à Lougbonou où lors d’une visite guidée dirigée par le directeur de l’école du village, Guillaume Soro a eu la surprise de se voir présenter un hangar tenant à peine debout et servant d’école.

Complètement vide et sans le moindre mobilier, c’est dans cette pièce unique ouvert à tous les vents et à tous les dangers que l’apprentissage à l’école se déroule. Le directeur d’école qui a tenu à faire toucher du doigt cette galère a expliqué qu’un jour, un serpent s’est glissé dans le sac d’un apprenant. Dans la cohue provoquée par la peur, l’un d’entre eux a manqué de peu de se faire arracher l’œil par un morceau de bois mal attaché.

« Vos témoignages sont saisissants et je vais construire rapidement une école ici à Logbonou », a réagi Guillaume Soro avant d’ironiser sur un certain nombre de précautions basiques dont  l’existence légale du village. « Je vous rassure que le village de Logbonou n’est pas dans la forêt classée. C’est un village qui existe depuis 1926 et qui a cette école-là. Bon, le gouvernement n’a pas vu. Moi, j’ai vu et on va construire l’école en espérant qu’on ne bloque pas le ciment », a indiqué le président du comité politique.

Ce bout de phrases sur le ciment était la première réaction officielle du président du comité politique dont le convoi de ciment destiné à un village qu’il avait visité a été l’objet de fouilles systématiques durant son trajet. Guillaume Soro a donc tenu à faire cette petite mise au point tout en humour. « Ce ne sont pas de kalachkinikov qu’on vient planter mais des écoles qu’on vient construire », a-t-il indiqué. De quoi rendre irascible ses ex.

GBISSIGNINI GOBE