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Le secrétaire exécutif du PDCI chargé de l’information, de la communication et de la propagande, Jean-Louis Billon, a défendu, ce lundi 10 juin, au siège du parti, Henri Konan Bédié, d’être un xénophobe instrumentalisant la haine de l’étranger. Avant de démontrer, chiffres à l’appui, pourquoi le gouvernement devrait investiguer pour corriger ce qui a été dénoncé par le président de son parti.

Comme s’il devait relever un défi, Jean-Louis Billon a fourni, lundi au siège du PDCI où il animait une conférence de presse, une panoplie de documentation fort détaillée et parsemée de chiffres pour évacuer les outrages du gouvernement qui dénonçait le 8 juin dernier une instrumentalisation de la haine de l’étranger par l’ancien président. Et si certains morceaux de la déclaration de monsieur Bédié ont été mis en exergue, ils auraient été sortis, selon le conférencier, de leur contexte par le porte-parole du gouvernement  pour en faire une exploitation tendancieuse  et  ternir l’image du sphinx de Daoukro et porter atteinte à son honorabilité», a-t-il encore expliqué.

De fait, le conférencier a multiplié les illustrations montrant que les faits commentés ce jour-là par Bédié ont été « régulièrement révélés par la presse nationale et internationale et publiquement reconnus par certains membres du Gouvernement », a-t-il accusé en montrant  la relation de cause à effet entre l’orpaillage clandestin et les violences communautaires.

Chiffres à l’appui, photos en renfort parfois, monsieur Billon a ainsi égrené le long chapelet  des conflits communautaires depuis ceux de Bouna (en avril 2016), Guiglo (2017),Kanakono (le 24 écdembre 2017), Zouan Hounien (novembre 2018), Bangolo (le 24 juin 2018),  Facobly ( juillet 2018), Issia (octobre 2018 avec la sortie punitive des DOZOS contre les populations autochtones), Duekoué (novembre 2018), Bin Houin (Avril 2019), Marabadiassa (février 2019) jusqu’aux plus récents de Béoumi qui a fait 22 morts et plus d’une centaine de blessés.

Tous ces conflits, a-t-il dit, sont soit directement partis des terrains d’orpaillage clandestin ou ont un lien avec cette pratique qui est pourtant tolérée par le gouvernement puisque 85% des 3000 orpailleurs sont des clandestins venus des pays étrangers.

Il y a donc une urgence à enquêter, a persiflé Billon, pour trouver des solutions viables à ces questions. En tout cas, leur existence montre qu’il ne sert à rien d’accuser monsieur Bédié.

« Au regard de la persistance et de l’aggravation de ces faits, le président Henri Konan Bédié, en sa qualité d’homme d’Etat et de leader politique et d’opinion, est qualifié et bien placé pour aborder ces préoccupations majeures pour alerter le gouvernement ainsi que l’opinion sur la gravité de ces événements qui menacent la paix sociale et la quiétude des populations ivoiriennes», a donc plaidé le conférencier. Se demandant si énumérer les faits sanglants liés aux conflits communautaires et à l’orpaillage clandestin relève «  du racisme, de la xénophobie, du tribalisme, de la discrimination raciale ou religieuse ou de la haine de l’étranger ? »

En attendant une réponse du gouvernement, le conférencier s’est étonné, au nom du PDCI, « du mauvais procès qui est fait à Henri Konan Bédié »et invite l’Etat à « mener les investigations en vue d’apporter de véritables et rassurantes solutions aux préoccupations des Ivoiriens, des Ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire», a indiqué Jean-Louis Billon qui a également mis en exergue les déclarations de plusieurs membres du gouvernement pointant des immigrés ayant des papiers ivoiriens sans l’être pour autant, pour dédouaner, là également, le président du parti d’être un xénophobe en dénonçant les risques que les Ivoiriens deviennent étrangers dans leur propre pays.

Charles Odillon