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Dans une déclaration relayée par fratmat.info, le porte-parole du gouvernement ivoirien accuse le président du PDCI, Henri Konan Bédié, d’appeler à la haine de l’étranger et lui rappelle que son acte est punissable devant la loi.

Le gouvernement n’aura pas attendu la réunion du conseil qui se déroule les mercredis pour commenter la dernière sortie du président du PDCI.

Ce dernier qui recevait, le mardi 5 juin dernier à Daoukro, une délégation de dozos avait indiqué « qu’on fait venir des étrangers armés qui sont stationnés dans de nombreux villages » sous le couvert d’un mouvement d’orpailleurs. « Il faut simplement que nous soyons conscients, car le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire, sous le couvert de l’orpaillage », ajoutant que « d’autres ont fait venir clandestinement, surtout dans la commune d’Abobo, des gens (qui) rentrent, (et à qui) on fait faire des papiers ».

Pour le gouvernement, « ces propos, (sont) d’une extrême gravité », d’autant qu’ils appelleraient « à la haine de l’étranger », et seraient  « de nature à mettre en péril, au-delà de la paix et de la cohésion sociale, l’unité nationale et la stabilité du pays », accuse notamment son  porte-parole.

Le gouvernement dénonce également le contexte dans lequel intervient cette sortie, puisque « plusieurs localités du pays sont secouées par des violences intercommunautaires qui se sont soldées par des morts, des blessés, des dégâts matériels importants, ainsi que par des déplacements de populations en détresse humanitaire ».

Enfin, le gouvernement pointe la responsabilité de l’ancien chef d’Etat dans les crises que notre pays a connues et les considère comme une preuve de « l’instrumentalisation de la haine de l’étranger par le Président Henri Konan BEDIE ». Ce faisant, il tient à lui « rappeler à tous que le racisme, la xénophobie, le tribalisme et la discrimination raciale ou religieuse sont constitutifs d’infractions prévues et punies par la loi pénale »

A propos des étrangers travaillant dans les plantations ivoiriennes, le président du PDCI avait affirmé que « nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café, de cacao ; et ensuite, les gens se sont installés à leur propre compte, et aujourd’hui, ils agressent les planteurs ivoiriens et se disputent même la propriété des terres. Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement on fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n’accepteront jamais cela».

GBISSIGNINI GOBE