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Officiellement, l’opération « rendez-nous notre Gbagbo » à travers laquelle l’ex-première espérait mettre la pression sur la CPI pour laisser Laurent Gbagbo rentrer en Côte d’Ivoire n’est que reportée. Pour des raisons opérationnelles.

Le directeur de cabinet de Simone Gbagbo, Corentin Akpa, a signé, ce jeudi, un communiqué de presse dans lequel il a annoncé le report de l’opération « rendez-nous notre Gbagbo » conçue pour mobiliser des millions d’Ivoiriens pour le retour de l’ancien président en Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo, acquitté depuis le 15 janvier dernier, est encore bloqué à Bruxelles dans l’attente d’un appel de la procureure de la cour pénale internationale Fatou Bensouda.

A moins de deux ans de la présidentielle en Côte d’Ivoire, tous les observateurs de la vie politique ivoirienne y voient une stratégie pour empêcher l’ancien président d’être candidat à la succession d’Alassane Ouattara en 2020.

L’opération « rendez-nous notre Gbagbo » lancée lors de la fête de l’anniversaire des 74 ans de Laurent Gbagbo par l’ex-première dame visait avant tout à organiser une pression populaire contre les autorités de la CPI qui n’ont juridiquement pas le droit de maintenir en liberté conditionnelle une personne acquittée, c’est-à-dire déclarée innocente.

Finalement cette opération vient d’être annulée, à quelques jours du 12 juin, pour « des raisons techniques » et « opérationnelles », écrit le directeur de cabinet de Simone Gbagbo, Corentin Akpa, dans un bref communiqué de presse dont copie nous a été donnée.

« Cet engouement, signe annonciateur d’un inévitable “raz de marée”, induit cependant, des contraintes techniques et opérationnelles auxquelles ne peuvent déroger les partenaires au projet. Sur leur insistance, nous nous sommes donc résolu à différer le lancement de l’opération », précise par ailleurs le communiqué.

Au FPI, l’ex-première dame est surtout  surveillée comme du lait sur le feu par Laurent Gbagbo qui a confié les rênes du parti à Assoa Adou nommé secrétaire général et représentant personnel de l’ex-président alors que Simone Gbagbo devait « hériter »du post de 1er vice-président laissé par Abou Drahamane Sangaré à sa mort le 11 novembre 2018.

Le report sine die de cette manifestation pourrait donc signifier que la deuxième vice-présidente n’a pas l’initiative des actions. Signe de contrariété sans doute, l’ex-première dame a laissé son collaborateur signer le communiqué annulant ladite opération « à une date ultérieure ».

Un communiqué qui se réjouit néanmoins de «  l’engouement suscité par cette annonce auprès des jeunes, des femmes, des hommes, des mouvements de la Société civile, des partis politiques amis, des démocrates de tous bords, tant en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger », qui  confirmerait que « la situation juridique inédite que traverse le Président Laurent GBAGBO, est difficilement supportée par les démocrates du monde entier » et qui montrerait que « la place du Président Laurent GBAGBO est effectivement ici en Côte d’Ivoire, parmi les siens, et nulle part ailleurs ».

GBISSIGNINI GOBE