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Les prévenances du PDCI à l’égard des adversaires internes d’Affi N’guessan agacent le camp de l’ancien premier ministre. Mais la politique est une saine appréciation des réalités.

Le parti démocratique de Côte d’Ivoire a dépêché, lundi 27 mai, son représentant à la conférence de presse d’Assoa Adou, le secrétaire général du FPI reconnu par lui. Jean-Louis Billon a confirmé au micro d’aujourdhuinews.net qu’il représentait bien son parti à cette sortie médiatique d’Assoa Adou, moins d’une semaine après sa rencontre avec Henri Konan Bédié à Daoukro.

Après deux rencontres de haut niveau entre les deux délégations, l’une à Bruxelles et l’autre à Daoukro, ponctuées de signatures de documents montrant clairement que le PDCI considère Laurent Gbagbo comme le président du FPI et Assoa Adou comme son secrétaire général, le clan Affi s’est agacé de telles prévenances et demandé des clarifications au PDCI qui risque de ne jamais en parler.

« Nous n’en avons pas parlé au sein du parti. Donc je ne peux rien vous dire », a d’ailleurs botté en touche Jean-Louis Billon qui explique, en revanche, qu’il a bel et bien représenté le PDCI à cette conférence de presse.

Les choses étaient plus faciles tant que Bédié n’avait pas besoin de Gbagbo pour mettre en place une coalition contre le chef de l’Etat dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020. Plus maintenant, surtout qu’au surplus l’ancien président est acquitté et qu’il a fait connaître sa volonté de rentrer au pays.

Désormais pour se rendre l’argument facile, le PDCI estime qu’il a le même problème que le FPI puisqu’il fait face, lui aussi, à l’instrumentalisation de la justice qui a attribué son logo à ses adversaires du RHDP. Dès lors, le PDCI  s’est engagé, dans le dernier communiqué final qui a sanctionné la rencontre de Daoukro, à lutter contre l’ingérence du pouvoir exécutif dans les partis politiques d’opposition.

Pour les partisans d’Affi, c’est un coup de massue d’autant plus cruel qu’ils ne l’ont pas vu venir. L’alliance avec le PDCI constituait en effet le seul moyen pour l’ancien premier ministre de sortir de l’impasse après l’échec des différentes tentatives d’alliance des forces démocratiques (AFD).

D’ailleurs, toutes ces forces sont impliquées dans la création de la plateforme de l’opposition, laissant ainsi peu de place à une possible recomposition politique. Ce lundi, Jean-Louis a reconnu que personne ne pouvait ignorer la réalité Gbagbo. Peu de mots mais qui ont la particularité d’être tout à fait clairs.

GBISSIGNI GOBE