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«Le peuple Wê a payé un lourd tribut à la guerre (ndlr rébellion 2002 et crise postélectorale». C’est par cette déclaration qui est  l’exact contraire de celle faite sur le génocide Wê que la ministre Anne Ouloto a apporté un démenti à ses propres propos tenus  sur les crimes contre le peuple Wê.

Au cours d’une rencontre tenue ce jeudi, 9 mai, à l’hôtel du District,  en présence de chefs traditionnels  Wê, la ministre  est revenue sur ses propres allégations faites  à N’douci, le vendredi 3 mai et selon lesquelles le génocide Wê n’aurait jamais existé. Mais face à l’indignation générale, la ministre a retrouvé la mémoire.

«Dans le département de Touleupleu, à Sémian, dans le pays Wobé, en passant par les départements de Bloléquin, de Taï, de Guiglo, de Duékoué, de Bangolo, de  Facobly et Kouibly, j’ai parcouru toutes ces localités en tant que fille du Cavally et du district du Guémon et les souvenirs sont encore présents en moi comme si c’était hier. À Clahon, à Bloléquin, Saké, derrière Taï, à Duékoué carrefour, à Guitrozon, à Nahibly, à Sémian, au carré des martyrs, j’ai été témoin des massacres  et des impacts de la crise sociopolitique ainsi que des grandes souffrances de nos populations. Ensemble, nous avons pleuré, nous avons enterré nos morts et une seule question me venait à l’esprit», a témoigné la ministre Anne Ouloto.

Faisant donc l’état des lieux, la ministre s’est interrogée sur les mobiles de ces crimes. «Pourquoi ? Pourquoi chez nous en pays Wê ? Pourquoi nous ? Cette question devra faire l’objet de profondes réflexions. Avec nos parents, d’autres populations on aussi souffert. Le peuple Wê a payé très cher la guerre de la Côte d’Ivoire. Pourquoi et pour qui ? », s’est-elle encore  interrogée.

Avant de souligner  que le peuple Wê ne mérite pas ce sort. «Non, je pense que nous ne méritons pas cela, on ne mérite pas ce sort. Au même titre que les Ivoiriens des autres régions, le peuple Wê a aussi droit à la paix et au développement et à la sécurité», a-t-elle fait savoir. Pourvu que ça dure.

Charles Odilon