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Kémi Seba ne s’y trompe plus. Pour lui, la Côte d’Ivoire est la capitale du néo-colonialisme. Démonstration à l’appui.

Expulsé, le 25 mars, de Côte d’Ivoire où il devait animer, ce dimanche 30 mars, un meeting sur le franc Cfa, Kémi Seba, le leader d’urgences Pan-africanistes, en a tiré une importante leçon. A savoir que la Côte d’Ivoire est la capitale du néo-colonialisme.

“Il m’a été signifié sans préavis que je constituais une grave menace à l’ordre public au motif de mon audience auprès des jeunes en Côte d’Ivoire et en Afrique francophone et que par conséquent, il m’était notifié que j’allais être expulsé. Il faut préciser que pendant tout l’entretien, les membres de l’ambassade de France appelaient régulièrement la DST alors que je pensais que la Côte d’Ivoire était un pays indépendant. J’ai eu la surprise de comprendre que ce n’était visiblement pas le cas”, a souligné monsieur Seba, le sourire en coin.

Cette attitude des autorités ivoiriennes a surtout renforcé les certitudes du président d’urgences Pan-africanistes qui estime que “d’Houphouët-Boigny jusqu’à Alassane Dramane Ouattara, le néo-colonialisme français a pris comme capitale en Afrique  francophone la Côte d’Ivoire”.

Cela dit, si les intérêts français sont bien gardés en Côte d’Ivoire, ils le sont également au Bénin où Kémi Seba a fait face à un autre interrogatoire et à des menaces du ministre béninois de l’intérieur Sacca Lafia. “Le ministre Sacca Lafia m’a dit quelque chose qui va s’inscrire dans le temps et qu’il devra assumer. Il m’a dit que vous soyez populaire en Afrique n’est pas mon problème. Mais dès lors que vous effectuez des mobilisations qui dérangent nos partenaires économiques, si vous continuez dans cette voie, monsieur, nous allons restreindre le périmètre de vos libertés individuelles”, aurait-il dit.

Ce à quoi Kemi Seba affirme avoir répondu que “la personne qui va restreindre ses libertés individuelles ou celles de militants de notre Ong ou des militants pan-africanistes qui se battent pour la souveraineté de nos pays n’est pas encore né. Faites attention aux menaces que vous lancez aux pan-africanistes (…) Chaque menace que vous faites est enregistrée, chaque expulsion ou agression que vous faites est enregistrée”, a répondu le leader pan-africaniste.

Quoiqu’il en soit, Kémi Seba est persuadé que la répression ne fait que progresser la lutte qu’il mène. “A chaque fois que vous déployez des moyens coercitifs contre nous, vous nous faites gagner. Parce que nous sommes dans un débat idéologique. Et lorsque quelqu’un vous lance une idée et que pour vous opposer à cette idée, vous l’agressez, vous le  censurez, vous l’expulsez ou le diabolisez par des médias qui ne cherchent qu’à nous faire taire, vous ne faites que nous donner raison et grandir notre audience”, a-t-il conclu en s’adressant aux dirigeants africains hostiles à son combat.

EDWIGE NANEGNON