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La succession du Québécois François Paradis ravive la guéguerre entre Guillaume Soro, président de la section Afrique et 1er vice-président du bureau de l’Assemblée parlementaire Francophone (APF) et ses adversaires politiques locaux qui ont juré sa perte après l’avoir évincé de la tête du parlement ivoirien.

S’il n’y avait pas le piment de l’internationalisation de la guerre fratricide que se livrent, depuis bientôt six mois, Guillaume Soro et ceux qui l’ont remplacé à la tête du parlement ivoirien, et l’image de l’Assemblée parlementaire francophone en jeu, on aurait presque souri devant le spectacle qu’offre l’adversité des deux entités, unique de coups-bas et de brutalité. Mais on est à Rabat, dans la capitale Marocaine, et les ennemis ivoiriens avaient visiblement mieux à faire que d’exporter leurs misères locales.

La faute à une guerre d’ambition de la part  de Guillaume Soro qui n’a plus que ce seul piédestal pour compter à l’échelle internationale et à l’irrépressible envie d’humilier  qui prend jusqu’aux tripes Amadou Soumahoro, le bon soldat du chef de l’Etat ivoirien qui a jeté dans cette  bagarre le prestige de l’institution ivoirienne.

Mais qu’importe, Guillaume Soro refuse de s’en laisser conter. Président de la section Afrique de l’Assemblée parlementaire francophone  et  1er vice-président du bureau de l’APF, il sait que les usages ont encore un sens dans l’institution. D’autant plus que ses successeurs à la tête du parlement ivoirien avaient déjà mordu la poussière lorsqu’Amadou Soumahoro avait  fait envoyer une liste de nouveaux membres représentant le parlement ivoirien à l’APF.

Le néo président qui  exècre la rhétorique et est amoureux de l’ordre brutal, a alors vu ses oreilles siffler lorsqu’il s’est entendu dire que le fait de ne plus être chef du parlement n’est pas une cause d’exclusion desdites instances. Mais, dans la vie,  Amadou Soumahoro est un fonceur et il n’avait pas dit son dernier mot.  D’ailleurs plus que  l’adversité, c’est désormais une affaire d’honneur.

De fait, les partisans de Guillaume Soro, y compris lui-même parfois, dénoncent régulièrement  des complicités au sein du bureau de l’APF visant à le contraindre à quitter son poste. En France, des jeunes soroïstes ont d’ailleurs animé un meeting, jeudi, devant le siège de l’organisation internationale de la Francophonie à l’effet de mettre en garde ses dirigeants contre les conséquences du non-respect des textes.

La première bataille entre l’ancien et le nouveau président du parlement ivoirien se jouera donc à l’occasion  de la rencontre de ce matin à Rabat que Guillaume Soro devrait présider. L’ancien chef du parlement ivoirien a également avec lui la loi pour succéder à François Paradis qui quitte la tête de l’institution. Au terme  de l’article 10.5 de l’APF, « le premier vice-président  a vocation à succéder au président lors du renouvellement du bureau ». Mais si Guillaume Soro joue son va-tout sur cet article, chez ses adversaires cela ne suffit pas.

JOSEPH TITI